Les instants
Le premier soir des vacances, quand la maison se tait

Il y a un moment que j'attends toute l'année sans jamais le dire. C'est le premier soir des vacances, quand les valises traînent encore dans l'entrée, que les enfants ont fini par s'endormir et que la maison devient silencieuse d'un coup.
Pendant des mois, on a couru. Les horaires, les devoirs, les courses du samedi, les messages à toute heure. Et ce soir-là, pour la première fois depuis longtemps, personne n'a besoin de rien.
Ne rien prévoir
Le piège, c'est de vouloir rentabiliser ce moment : ranger, trier les photos, préparer le programme de la semaine. Je me l'interdis. Le premier soir, on ne prévoit rien. On laisse le temps redevenir lent.
Le premier soir des vacances, on n'a rien à réussir. Juste à ralentir.
Mon petit rituel du premier soir
Un bain, même court
L'eau un peu plus chaude que d'habitude, une poignée de sels, la lumière baissée. Pas besoin d'y rester une heure. Dix minutes suffisent pour sentir que quelque chose change.
Des vêtements tout doux
Le vieux pull, les chaussettes épaisses, la peau encore tiède. On s'habille pour soi, pas pour sortir.
Une tisane, une fenêtre
Une tasse chaude près d'une fenêtre ouverte, le bruit du dehors, l'odeur du soir. On ne fait rien, et c'est exactement le but.
Et si vous ne partez pas ?
Ce premier soir n'a pas besoin d'une valise. Il peut arriver un vendredi ordinaire, après une semaine trop longue. Il suffit de décider que ce soir, on ne prévoit rien, et de s'offrir ce bain qu'on repousse depuis des semaines.
Je vous souhaite beaucoup de ces premiers soirs. Ce sont eux, bien plus que les grandes vacances, qui font du bien.
Julia


